ERC

L’innovation de rupture en Europe passe par l’European Research Council (ERC)

Le budget du programme-cadre « Horizon Europe » pour la période 2021-2027 a fondu au soleil. Des 160 milliards d’euros souhaités par Jean-Claude Juncker en mars 2018, le Parlement européen en a retenu 120 en novembre 2018, et c’est finalement seulement 84,9 milliards d’euros qui seront alloués suite à l’accord du 10 novembre entre le Parlement et le Conseil, soit à peine plus de la moitié du souhait initial et à peu près la même chose que sur la période échue (79 milliards d’€).


L’European Research Council (ERC) victime de ce manque d’ambitions. Le budget annoncé pour l’ERC n’est à la hauteur ni des attentes de la communauté, ni de la qualité des travaux de recherche proposés par les chercheurs. Pour rappel, 80% des projets financés par l’ERC “donnent lieu à des percées scientifiques ou des avancées majeures” et 800 demandes de brevets ont été également déposées depuis 2007.


La crise sanitaire justifie encore plus qu’avant un investissement massif dans la recherche. En réaction à la crise du Covid-19, les dirigeants européens ont affiché de grandes ambitions pour faire émerger des leadeurs sur des secteurs clés pour l’avenir (hydrogène, quantique, numérique, santé humaine, écologie, etc.), et rester dans la course d’une géopolitique technologique dont la polarisation se fait plus aiguë. Nul besoin d’être expert en dynamiques d’innovation pour relever le hiatus. La communauté de la recherche comprend parfaitement que la crise que nous vivons conduise à des arbitrages complexes, et elle prend pleinement sa part dans la lutte contre la pandémie. Mais on ne peut lui demander d’entretenir un terreau fertile à l’innovation de rupture sans les moyens d’une recherche exploratoire audacieuse.
L’Europe connaît depuis plusieurs années une perte de vitesse dans son investissement pour la recherche. Depuis 2013, l’Union européenne a été dépassée par la Chine en termes d’investissements dans la recherche et l’innovation ce qui la fait descendre sur la troisième marche du podium derrière les Etats-Unis et la Chine*.


Un montant, bien en-deçà des attentes des acteurs de la recherche européenne, et à contre-sens des discours de la présidence allemande de l’Union européenne qui annonçait vouloir placer la recherche et l’innovation au centre des préoccupations. Pourtant, la recherche et l’innovation représentent les deux tiers de la croissance économique européenne*. Les budgets qui y sont alloués ne peuvent, et ne doivent, pas être considérés comme un coût ou une variable d’ajustement mais bien comme un investissement pour le développement de l’Europe.


Le récent ajout de 4 milliards d’euros au budget d’Horizon Europe n’a pas encore été fléché. Udice s’inscrit dans la demande de chercheurs de renom de voir la totalité de cette somme allouée au financement de l’ERC, fleuron de la politique scientifique européenne. Il s’agirait d’un signal puissant, celui que les états membres portent une politique cohérente avec la vision d’une Europe du Green deal et de l’indépendance technologique.

*“French research performance in context” SIRIS Academics, 2020
*“The economic rationale for public R&I funding and its impact” Commission européenne, 2017

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